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Les circuits courts, ça marche? Enquête à Valenciennes

Sur ses 260 m 2, la supérette propose quelque 7 000 références. Le local, fruits et légumes compris, recouvre quelque 500 produits, « 537, c’est notre record », glisse le gérant avec un sourire.

Ils sont présentés comme la providence, pour la planète, et comme la solution d’avenir pour une autre économie à construire.

 

Ils sont bons… pour l’emploi local.


Où en est le Valenciennois en matière de circuits courts, qui visent à raccourcir la distance entre producteurs et consommateurs ? Consommer local, c’est possible dans ce secteur très spécialisé qu’est le bio ? On a sondé les rayons de Biocoop, avenue Macarez

 

Thomas Derveau est passé de 200 à quelque 500 produits locaux. Mais ça ne vient pas tout seul

 

« Non, les circuits courts ne sont pas à créer. Ils sont… à retrouver. Jusque dans l’après-guerre, on ne consommait que comme ça. L’industrie agroalimentaire, la grande distribution ne sont arrivés après », explique Thomas Derveau, le gérant.

Où en est-il en matière de production locale ? D’abord la vérité des chiffres. Sur ses 260 m 2, la supérette propose quelque 7 000 références. Le local, fruits et légumes compris, recouvre quelque 500 produits, « 537, c’est notre record », glisse le gérant avec un sourire.

Quasi 10 % : le score satisfait l’intéressé. Ne serait-ce que parce qu’au lancement du magasin, celui-ci ne comptait que 200 références locales. Il y a de bonnes surprises, même. Avenue Macarez, on trouve, les bonnes années, des… melons et des kiwis produits localement, si, si ! En saison uniquement, bien sûr ! C’est d’ailleurs l’une des règles qu’applique Thomas Derveau. Favoriser le local certes, étant considérés comme tels les produits issus d’un rayon de 150 kilomètres de distance. Les trois quarts proviennent même d’un cercle de 50 km. Mais pas à n’importe quelle condition… Sa supérette, ainsi, ne se procure pas des tomates hors saison poussées en serre, même si elles viennent de tout près, de la Belgique.

Développer les circuits courts, c’est tout naturel. Avant d’ouvrir son magasin, le gérant est allé rencontrer un maraîcher bio de Maing, devenu depuis un ami, et qui vient lui-même chez Biocoop presque chaque semaine. Pour parler de la pluie et du beau temps. Et boire le café.

Mais pour autant, le circuit court ne pousse pas spontanément, comme coquelicot au bord du champ de blé. « Il faut en fait construire et pérenniser une vraie filière » explique le gérant. Sa philosophie est la même quand il travaille avec un producteur bio du bout du monde ou avec l’exploitant du bout de la rue. Jouer la viabilité et la durée. « Il s’agit assurer les revenus à la fois du producteur, du distributeur et qu’au final le client lui aussi s’y retrouve sur les tarifs. Clairement, j’ai demandé à mon maraîcher quels prix il lui fallait pour vivre ». La cote mise en place favorise le producteur sur les produits à longue durée de commercialisation et tire les prix vers le bas sur les légumes de très courte saison, pour écouler la marchandise plus vite.

En clair, les circuits courts se développent parce que le distributeur le veut. « Je suis commerçant, mais je suis aussi militant », dit Thomas Derveau. Volontarisme indispensable. «Quand on me propose vingt kilos de melons, et vingt seulement, la facilité serait de refuser. Côté comptabilité, c’est l’horreur… Moi je prends, je prends toujours. Et je ne me dis pas que j’aide le producteur. Je me dis, chouette, j’ai du melon du coin ».

L’investissement paie : le consommateur, « à la confiance égratignée par les grands circuits de consommation » ; est de plus en plus sensible aux circuits court...

 

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