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Le lin, une production (presque) 100% «made in France»

Le Nord - Pas-de-Calais représente chaque année 20 % de la production mondiale de lin. L’arrachage des tiges est presque terminé. Mais c’est bien à l’étranger que la fibre sera filée.

« On vend une histoire et une qualité à la française»

Lorsque Sébastien Thieffry, confectionneur de produits en lin, parle de son aventure à l’international (voir ci-dessous), il vante un produit « made in France », qui attire, notamment aux États-Unis.
La France, avec 80 000 hectares de semis, est en effet le premier producteur mondial de lin, avec la Belgique et les Pays-Bas.

Hypoallergénique et écologique

Une culture européenne en tout point particulière. Non délocalisable, le lin est l’une des seules fibres textiles en Europe. C’est aussi la plus vieille au monde. Relativement méconnue – et pour cause, c’est moins de 1 % des tissus –, la fibre a pourtant des qualités à envier.
« C’est une matière noble et belle qui se bonifie avec le temps : plus on la lave, plus elle est douce !
Hypoallergénique, elle est aussi écologique car toute la tige du lin est utilisée : les coproduits sont valorisés 
»,explique Marine Verspieren, en charge du développement chez Thieffry.

Mais voilà, le lin n’est plus filé en France, il a filé en Chine. Alors que le Nord - Pas-de-Calais concentrait la plupart des filatures de lin françaises. Safilin est la seule filature française officielle, avec un siège social situé à Sailly-sur-la-Lys, près d’Armentières.
Mais son usine est aujourd’hui basée en Pologne.

Un des seuls pays avec la Hongrie à conserver des filatures en Europe.
« Cette étape de production demande de gros investissements et un besoin de main-d’œuvre important. S’il n’y a plus de filatures en France, c’est que ce n’est pas viable économiquement »,précise Sébastien Thieffry.
Mais avant la filature, c’est bien en France que tout commence.

« Laisser faire la nature »

Arrachées en juillet, cent jours après les semis, les tiges de lin restent dans le champ où elles subissent l’alternance de la pluie et du soleil pendant un mois. Cette étape du « rouissage » élimine le liant, ce qui permet la séparation naturelle de la fibre du reste de la tige.
« Il faut laisser faire la nature, qui colore le lin de façon homogène. C’est une étape très importante pour la qualité du lin », explique Philippe Duyck, président du syndicat des producteurs de lin du Nord.
Le rouissage est finalisé mécaniquement par les teilleurs. Là où les filatures étrangères piochent tout au long de l’année.

90 % du lin reviendra sous forme textile (habillement, linge de maison et ameublement). Le reste est tissé, ennobli (teinture, impression…) et transformé en produits finis dans des ateliers français.
Une conception artisanale avant tout destinée au loisir créatif et à l’international, à l’instar de ce que fait Sébastien Thieffry. « On est réactifs par rapport à nos concurrents, en particulier étrangers, c’est notre avantage. »

Les étapes

1. En France

– Arrachage : en juillet, les plants sont arrachés mais laissés au sol.

– Rouissage : en août, les tiges de lin subissent soleil et pluie pour éliminer naturellement le liant qui sépare la fibre du reste de la tige.

– Teillage : la fibre est extraite mécaniquement, les coproduits sont valorisés.

2. En Asie ou en Europe de l’Est

– Peignage et filature : la fibre est parallélisée, calibrée et étirée sous forme de rubans, puis transformée en fil.

– Tissage : le fil devient étoffe.

– Ennoblissement : modification de l’aspect des fils ou des tissus de lin (blanchiment, teinture, impression...).

Le lin revient en France sous forme textile dans 90 % des cas. Il subsiste cependant quelques ateliers artisanaux, de tissage ou de conception, comme celui de Sébastien Thieffry, qui conçoit principalement des produits à broder pour les boutiques de loisirs créatifs.

« C’est une histoire française qu’on exporte »

Le magasin d’usine de Thieffry est ouvert tous les jeudis à Roubaix.

Cent soixante-dix-sept ans en France. À peine un an à l’international. C’est dire si Thieffry se lance un défi en 2014.
Protège-cahiers, produits à broder, linge de maison, trousses de toilette…, le spécialiste de la confection de produits en lin veut voir plus loin. L’arrière-arrière-petit-fils du créateur de la société a embauché Marine Verspieren pour gérer le développement de la société, en particulier à l’étranger. Aux États-Unis, la marque Kiss that frog (Embrasse cette greno).

 

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