Accueil du blog > La production locale inquiète

La production locale inquiète

C’est un fait, l’agriculture côte-d’orienne vit une année difficile. Les fruits et légumes ne sont pas épargnés.

C’est un fait, l’agriculture côte-d’orienne vit une année difficile. Les fruits et légumes ne sont pas épargnés.

 

Nicolas Michaud est président de la commission Fruits et légumes de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA 21). Mais avant tout, c’est un exploitant agricole inquiet. « Aujourd’hui, un kilo de pommes de terre se vend entre 5 et 10 centimes », annonce-t-il. « Le prix devrait être de 15 à 25 centimes. » Pour nous autres consommateurs, cette baisse de coût est bienvenue. Mais elle est loin de faire l’affaire des producteurs. « On subit la pression du marché et des concurrents », explique ce président de commission à la FDSEA 21. « L’Espagne et les pays méditerranéens, par exemple, inondent le marché de leurs produits. Nous, on n’est pas du tout compétitifs parce qu’on n’a pas les mêmes charges. En Espagne, un ouvrier agricole coûte 5 euros de l’heure. En France, c’est 9 euros. » Yoann Garreau est exploitant de pommes de terre à Saint-Julien. Si pour l’instant il n’a pas à se plaindre, le jeune homme craint l’hiver. « En ce moment on est sur des variétés rares et de grandes qualités donc ça marche. Mais je ne sais pas si ce sera encore le cas en septembre. Il y a un excédent énorme au niveau des variétés classiques. »

Des conditions météo pas optimales

 

En plus de la fluctuation du prix et des excédents venus sur le marché, le climat défavorable n’aide pas beaucoup les producteurs locaux. Entre la sécheresse jusque juin et le trop-plein de pluie et d’orages en juillet, les conditions ne sont pas optimales. « Et il n’y a pratiquement pas eu de récoltes l’an passé à cause des inondations », rappelle Nicolas Michaud. « Si on continue comme ça, il n’y aura plus de produits français. Tout sera importé des pays du sud de l’Europe et d’Afrique du Nord et on ne pourra plus garantir la traçabilité des produits. » Pour éviter un tel scénario, la FDSEA 21 prône la consommation locale. « Sans faire du Arnaud Montebourg, on souhaiterait que les gens privilégient la production locale quand ils peuvent. Il ne faut pas regarder uniquement les prix bas en grande surface, il faut aussi penser à la qualité. »

Prix avantageux ou non, il faut dire que le temps ne donne pas forcément envie de faire une razzia sur les fruits et légumes. « J’ai discuté avec des chefs de rayon », raconte Nicolas Michaud. « Ils m’ont dit que la consommation de fruits et légumes avait beaucoup chuté. Les nectarines ne se vendent pas, quant aux melons on n’en parle même pas. Avec le temps qu’il fait !

 

À LIRE AUSSI - Article suivant »

Découvrez les nouveaux Talents 2020 et leurs produits !