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Denis Guedon, l'artisan du béret made in Oloron

Pour résister à la concurrence du galurin industriel importé, l'artisan doit donc pouvoir maîtriser seul l'ensemble des étapes, se distinguer par une qualité supérieure, sans faire bondir pour autant le coût de fabrication.

Le bonhomme a une longue histoire avec le couvre-chef.

Entré "par hasard" chez Laulhère comme régleur en 1978 après un BTS Automatismes, il a grimpé tous les échelons pour finir directeur technique de l'entreprise. Avant de partir en 2001 pour lancer sa propre affaire d'automatismes.

"Quand j'ai commencé, Mondine, Beighau, Carçabal, Olibet étaient en activité.", se souvient-il avec une pointe de nostalgie. L'effondrement du marché, l'hécatombe d'emplois, les entreprises qui mettent la clé sous la porte les unes après les autres sont passés par là. En 2011, la menace de délocalisation de Béatex est le désastre de trop. "Cela m'a énervé ! Je me suis dit qu'on ne pouvait pas assembler chez les Chinois, qu'il fallait sauvegarder ce savoir-faire ici, à Oloron. Ce qui part ne revient jamais. Il fallait réagir !".

L'avenir dans les petits volumes

Comment ? Du marché, aucune embellie à attendre. "La courbe ne va pas se redresser. Le béret militaire, c'est fini. Le béret homme ne va pas bien non plus". En revanche, le produit lui-même est loin d'être fini. "Il porte une volonté d'esthétisme. Dans les Pyrénées, on a fabriqué beaucoup de choses avec du feutre. Mais il n'y a que dans le Béarn qu'on lui a donné une forme de toque, proche de celles portées par les rois sur les gravures. Pour moi, c'est certain : les générations qui ont peu à peu amélioré le béret se disaient qu'elles allaient s'offrir le joli chapeau des rois !"

Pour Denis Guedon, c'est surtout l'ère du béret industriel qui est révolue, celle de ses débuts chez Laulhère d'où sortait chaque année un million d'exemplaires des chaînes. L'ère de l'artisanat, plus flexible, "à la manière de ce qui se fait au Pays basque avec l'espadrille".

Outillage maison

L'équation n'est pas simple. Le béret est un métier de spécialistes. Tricotage, feutrage, teinture, brossage, rasage : les étapes sont nombreuses et "On ne sait qu'une fois le béret terminé si le travail a été bien fait." Pour résister à la concurrence du galurin industriel importé, l'artisan doit donc pouvoir maîtriser seul l'ensemble des étapes, se distinguer par une qualité supérieure, sans faire bondir pour autant le coût de fabrication.

Un pari fou ? Denis Guedon relève néanmoins la gageure dès novembre 2011. Le chef d'entreprise n'ayant pas abandonné son entreprise d'automatismes, les soirs et week-ends y passent. "Pour ne pas exploser le budget", il assemble lui même son matériel. "C'est une question d'autonomie : il faut qu'un homme seul puisse assurer toute la maintenance", explique-t-il.

Lancement en début d'année

En avril 2013, il déniche enfin son local, installe son barda et continue à peaufiner le moindre détail. Des journées à tester la composition idéale du bain de feutrage, la température adéquate... Depuis le début de l'année, Denis Guedon est fin prêt. Paré à confronter sa théorie économique à l'épreuve de la commercialisation en écoulant les 3 500 couvre-chefs frappés de l'écusson des vaches béarnaises qu'il compte fabriquer annuellement. "L'objectif est de monter une entreprise viable, qui soit rentable, afin de pouvoir prendre un apprenti. A 58 ans, je ne pense qu'à ça : transmettre et passer le relais." Afin de laisser le béret entre de bonnes mains.

Contact : Denis Guedon au 06 73 48 36 94.

=>> Une quinzaine de modèles à la vente

Récemment mis en ligne, le site de la Manufacture de béret (https://www.achat-bearn.com/) propose une quinzaine de modèles pour homme, du chasseur alpin au béret casquette. Six couleurs sont proposées. Petit plus : le couvre-chef est personnalisable avec une broderie dans la doublure intérieure. Le site recèle en outre des conseils pour le choix et l'entretien. Et les femmes dans tout ça ? Elles ne sont pas oubliées : Denis Guedon planche sur une ligne féminine qui devrait émerger dans le courant du mois d'août.

 

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