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Claude Oudard : la fabrication de barques n’a aucun secret pour lui

Un beau savoir-faire qui, malheureusement, risque de disparaître, les petits artisans capables de fabriquer des barques se faisant de plus en plus rares. Après avoir cherché durant plusieurs années un repreneur, en vain, Claude Oudard s’est résigné à ne jamais transmettre les gestes qu’il a répétés maintes et maintes fois…

Nogent-sur-Seine - Comme son grand-père et son père, le Pontois Claude Oudard a passé une bonne partie de sa vie à fabriquer des barques. Une passion toujours vivace.

 

Aujourd’hui, Claude Oudard ne fabrique qu’occasionnellement des barques. Ici, sa dernière œuvre, tout juste achevée.

 

’est fini le bon temps, c’était passionnant ! Ça me fait de la peine… Aujourd’hui, je viens le matin, je rabote une planche d’épicéa, ça sent bon et ça me fait plaisir ! »

Nostalgique, Claude Oudard ? En retraite depuis maintenant sept ans, cet artisan pontois, spécialisé dans la fabrication de barque en bois, n’a rien perdu de la passion qui l’a animée durant plusieurs décennies. Construire des barques, un métier « qui ne s’apprend pas à l’école mais sur le tas ».

Le Pontois en sait quelque chose, l’artisanat est une histoire de famille et il est tombé dedans très jeune, lorsqu’il a fallu remplacer son père à l’atelier. Un père artisan-menuisier, tout comme son grand-père, d’ailleurs. « Dans ma tête, je voulais être charpentier de marine. Mais je suis l’aîné de la famille et il a fallu que je remplace mon père », se souvient Claude Oudard. Entre 18 et 24 ans, il secondera donc son paternel avant de partir travailler en Afrique, les affaires familiales ne permettant plus de lui assurer un salaire. « Je suis revenu quand mon père est décédé. J’ai repris l’affaire, puis j’ai acheté un terrain et continué tout seul. »

Jusqu’à sa retraite, il fabriquera des barques de toute taille, pour des particuliers, amateurs de pêche ou de promenade sur la Seine, mais aussi pour des entreprises et Voies navigables de France, livrant en moyenne une cinquantaine de bateaux par an. « On en faisait plus du temps de mon père. C’était l’après-guerre, les gens voulaient s’amuser… Mon père a donc eu l’idée de louer des coins d’eau et d’y mettre des barques partout pour que les gens viennent s’y promener », confie Claude Oudard.

Cintrage au feu de bois

 

Si avec les années, le travail s’est voulu plus dur, l’artisan bénéficiait toutefois d’une jolie réputation, étant le dernier à travailler une technique bien particulière : le cintrage au feu de bois. « En Loire, en Bourgogne, ils font aussi des barques, mais ils ne les relèvent pas comme moi. Ils les font à l’envers et les cintrent à l’eau chaude  », explique l’artisan.

Pour relever le bout de la barque, le Pontois installe de grosses pierres au fond de l’embarcation en cours d’assemblage, fait un lit de terre et allume un feu qui va couver. La vapeur qui se dégage permet à l’artisan de relever, heure après heure et centimètre par centimètre, le bord du petit bateau, pour lui donner sa forme finale et permettre à chaque pièce de s’imbriquer les unes dans les autres, tout en assurant une étanchéité parfaite.

Un travail minutieux, de précision, réalisé avec l’aide de sa femme, dans son atelier où se mêlent poussière, sciure de bois et planches n’attendant qu’à être transformées.

Aujourd’hui, cet atelier ne sert plus qu’occasionnellement, lorsque Claude Oudard décide de se faire plaisir en faisant une barque pour ses proches. Sa dernière œuvre, tout juste terminée, sera d’ailleurs prochainement mise à l’eau. Une pirogue pour les petits-enfants commence également à prendre forme…

Un beau savoir-faire qui, malheureusement, risque de disparaître, les petits artisans capables de fabriquer des barques se faisant de plus en

 

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