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Alimentation : la région parisienne est tout juste autosuffisante en… salade!

alors que 70 % de l’approvisionnement parisien vient d’un grand quart nord-ouest de la France, le bassin de la Seine n’assure qu’à peine plus de la moitié des besoins de la capitale et exporte 80 % de sa production végétale.

Et ce n'est pas moi qui le dis, mais un hors-série du magazine Terra Eco sur les villes durables en 2050, élaboré conjointement avec l'ADEME. Pages 46 à 54, la journaliste Cécile Cazenave nous explique que les locavores (adeptes du manger local) ont du souci à se faire.

Un sandwich laitue svp ?
 

"Les 12 millions d’habitants de la zone la plus urbanisée de France engloutissent chaque année plus de 900 000 tonnes de fruits et légumes. Les champs qui entourent la capitale, eux, n’en produisent pas même un sixième. (...) Si un jour les réservoirs d’essence étaient vides, les routes désertées, les aéro- ports bloqués, bref, si la nourriture ne venait plus à lui, le Parigot en serait- il réduit au sandwich laitue ?" interroge l'auteure de l'article en soulignant que le problème à de quoi inquiéter l'ensemble des métropoles de la planète.

Elle relève surtout une étude effectuée par des étudiants de la ville de Rennes (Agrocampus-Ouest) sur les capacités du territoire de Rennes Métropole (37 communes) à alimenter ses habitants.
Un des scénarios prospectifs montre que la cité "pourrait se nourrir entièrement avec ses terres, passées en agriculture biologique, à condition de créer une couronne de 6,3 km de large autour de l’agglomération et de transformer la manière de produire et de consommer. Il s’agirait de grignoter de la surface cultivable partout où c’est possible : un tiers des forêts pourrait produire des fruits à coque, et le maraîchage devrait occuper 40 % des 52 jardins, la moitié des squares et 60 % des toits. Mais il faudrait également réduire le gaspillage alimentaire, de 30 % aujourd’hui à 20 % demain. Et, enfin, transformer son alimentation, en diminuant la ration de protéines, notamment en divisant par deux la consommation de viande".

Le plus dur, il s'entend, réside dans le changement de comportement des consommateurs.


Prenons Paris cette fois-ci : alors que 70 % de l’approvisionnement parisien vient d’un grand quart nord-ouest de la France, le bassin de la Seine n’assure qu’à peine plus de la moitié des besoins de la capitale et exporte 80 % de sa production végétale. A terme, l'idéal serait de "relocaliser l’approvisionnement global de Paris, tout en convertissant les terres à une agriculture biologique et en continuant d’exporter des céréales" explique un expert cité dans l'article. Il faudrait alors que le consommateur accepte de réduire la consommation de protéines animales et réalise à quel point de type de choix s'inscrit dans une réflexion sur la gouvernance alimentaire mondiale.
 

Victory Garden of Tomorrow by Joe Wirtheim

Victory Garden of Tomorrow, Joe Wirtheim

Relocaliser, c'est possible ?

Pour relocaliser, une chose est sûre : les initiatives ne manquent pas ! Si les projets de fermes verticales ont encore de quoi faire sourire, l'exploitation potagère sur les toits n'a plus rien d'utopique. A New York par exemple, la culture urbaine fonctionne divinement bien, comme l'illustre la vidéo suivante :

A Montréal, les fermes Lufa mises au point par Mohamed Hage permettent de produire entre 1000 et 1500 livres de légumes par jour en agriculture en environnement contrôlé, de quoi distribuer 1000 paniers par semaine à des familles montréalaises par l'entremise d'une cinquantaine de points de distribution. Il en explique le principe dans la conférence TED ci-dessous:

En France, le nombre d'AMAP et les solutions existantes n'ont pas encore atteint une échelle "de masse"; les choses avancent lentement, mais elles avancent avec achetons-local...

 

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